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OTTAWA, le 12 mars 2008 - Après avoir tenté, depuis plus d'un an, d'enquêter sur le transfert de détenus afghans, le président de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire (CPPM), Peter A. Tinsley, a décidé de convoquer une audience d'intérêt public relative aux allégations sur la conduite de la police militaire en Afghanistan.
Cette décision a trait à l'enquête en cours de la Commission portant sur une plainte déposée conjointement par Amnistie internationale - Section canadienne et par l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique. La Commission examine des allégations que des membres de la police militaire des Forces canadiennes (FC) auraient transférés des détenus aux autorités afghanes, ou auraient permis leur transfert, malgré l'existence de preuves indiquant que les détenus seraient susceptibles à la torture.
M. Tinsley a déclaré : « La principale difficulté qui a donné lieu à cette décision est le refus du gouvernement d'accorder à la Commission l'accès complet aux documents et aux renseignements pertinents relevant du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) et du Service correctionnel du Canada (SCC)
» et a ajouté qu'il était « nécessaire de convoquer la tenue d'une audience d'intérêt public afin d'examiner de manière approfondie les allégations graves soulevées dans cette plainte.
»
Depuis le début de l'enquête, le 26 février 2007, M. Tinsley s'est réservé la possibilité de convoquer une audience d'intérêt public au cas où il serait nécessaire d'exercer le pouvoir d'assignation afin d'avoir accès aux documents pertinents.
Dans une lettre, livrée aujourd'hui, à l'intention du ministre de la Défense nationale, du chef d'état-major de la Défense, du grand prévôt des Forces canadiennes (GPFC), et des plaignants, le président a reconnu qu'une audience aurait pour effet d'augmenter considérablement les coûts et la durée de cette enquête. Lors d'une déclaration subséquente, M. Tinsley a soutenu que : « La Commission ne prend pas cette décision à la légère; on estime que le processus d'audience coûtera environ $2 millions et aura pour effet de prolonger l'enquête de plusieurs mois. Cependant, nous n'avons tout simplement plus d'autre choix. Compte tenu de la pertinence des renseignements relevant du MAECI et du SCC, la Commission doit maintenant chercher à obliger le gouvernement à fournir ces renseignements qu'il a refusé de fournir volontairement.
»
Dans les semaines à venir, la Commission utilisera le pouvoir d'assignation afin d'obliger les divers ministères gouvernementaux à fournir les documents non censurés. On prévoit que le processus d'audience commencera dans environ un mois
La CPPM a été créée par le Parlement en 1998; son rôle est d'assurer une plus grande imputabilité publique de la police militaire et de la chaîne de commandement relativement à la conduite de la police militaire et aux enquêtes de celle-ci.
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Claude Dubois
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