Enquête d'intérêt public Hiestand (CPPM‑2022‑017, CPPM‑2022‑041, CPPM‑2022‑043) – Accueil

La Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire publie
deux rapports finaux suivant l’enquête d’intérêt public Hiestand

Le 12 février 2026 (Ottawa) – La Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire (CPPM) a publié deux rapports finaux sur trois plaintes distinctes liées à la conduite d’une enquête menée en novembre 2021 par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC), et d’autres membres de la police militaire, concernant le Major (Maj) Cristian Hiestand. Six semaines après le dépôt d’accusations dans cette affaire, le Maj Hiestand est décédé par suicide.

L’enquête d’intérêt public a été lancée en novembre 2022.

Les deux premières plaintes pour inconduite ont été déposées par des proches du Maj Hiestand et ont été traitées dans le cadre d’une seule enquête. Elles mettent en cause le fait que les enquêteurs du SNEFC auraient omis d’interroger le Maj Hiestand, et de ne pas avoir cherché à obtenir des éléments de preuve auprès de lui avant de décider de porter des accusations d’agression sexuelle contre lui. Ces plaintes allèguent également que le SNEFC n’a pas mené une enquête impartiale et approfondie.

La troisième plainte pour inconduite, qui a été traitée séparément, a été déposée par un ancien membre de la police militaire qui a été témoin de manquements qu’auraient commis des membres de la police militaire au détachement de la police militaire de la Base des Forces canadiennes (BFC) Moose Jaw, lorsque l’agression sexuelle alléguée leur a été initialement signalée.

L’enquête de la CPPM a fait suite à une enquête interne menée par le Bureau des Normes professionnelles (NP) de la Grande Prévôt des Forces canadiennes (GPFC), qui s’est conclue en février 2024. Bien que le Bureau des NP ait relevé des manquements par la chaîne de commandement du détachement de la police militaire de Moose Jaw, responsable de la réception initiale de la plainte pour agression sexuelle le 25 novembre 2021, il a exonéré les membres du SNEFC de tout acte répréhensible dans l’enquête qui a suivi, qui a mené à l’arrestation et à l’accusation du Maj Hiestand quelques jours plus tard.

Conclusions et recommandations : les deux premières plaintes

Dans son rapport final portant sur les deux premières plaintes, la présidente de la CPPM, Me Tammy Tremblay, a conclu que, même si les enquêteurs du SNEFC ont offert au Maj Hiestand l’occasion d’être interrogé et de fournir des renseignements au sujet des allégations portées contre lui – ce qu’il a refusé – ils n’ont pas mené une enquête impartiale et approfondie.

Dans l’ensemble, la présidente a estimé que l’enquête avait été entachée par un jugement hâtif et compromise par un biais de confirmation. Elle manquait également de supervision; n’a pas approfondi les éléments essentiels, comme le consentement; n’a pas cherché à interroger des témoins clés; et n’a pas examiné les messages texte échangés entre la victime et l’accusé. L’arrestation et l’accusation du Maj Hiestand ont été marquées par une hâte injustifiée.

Le rapport final formule 13 recommandations visant à améliorer les pratiques d’enquête du SNEFC dans les affaires d’agression sexuelle, notamment :

« Notre enquête a révélé que l’accusé avait eu l’occasion de présenter sa version des faits, ce qui était une des préoccupations soulevées dans la plainte pour inconduite. Toutefois, j’ai conclu que les enquêteurs du SNEFC ont mené une enquête inadéquate, marquée par une précipitation injustifiée à arrêter et à accuser le Maj Hiestand », a déclaré Me Tammy Tremblay, présidente de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire. « La mise en œuvre de nos recommandations améliorerait considérablement les futures enquêtes en matière d’agressions sexuelles, en renforçant la supervision des enquêtes et la gestion des dossiers. »

Conclusions et recommandations : la troisième plainte

Dans son rapport final concernant la troisième plainte, la CPPM a constaté plusieurs manquements commis par la chaîne de commandement de la police militaire du détachement de la BFC Moose Jaw, dans la soirée où l’agression sexuelle alléguée a été signalée. Ceux-ci comprennent :

Le rapport final formule quatre recommandations visant à améliorer les processus de réception des plaintes dans les enquêtes sur les agressions sexuelles, notamment :

« L’étape de la réception d’une plainte dans une enquête pour agression sexuelle constitue un moment déterminant qui établit les bases de l’intégrité, de l’équité et de l’efficacité de l’ensemble du processus d’enquête », a déclaré Me Tremblay. « La série de manquements survenus lors de cette étape a clairement compromis l’enquête dès le départ. »

Réponse de la Grande Prévôt des Forces canadiennes

La GPFC doit informer la CPPM et le ministre de la Défense nationale de toute mesure prise ou envisagée à l’égard de ces plaintes. Le 27 janvier 2026, la GPFC a envoyé sa réponse et aucune des 13 recommandations du premier rapport final n’a été acceptée, et une seule du deuxième rapport final a été acceptée.

« Il est profondément préoccupant que toutes les recommandations dans ces rapports finaux, à l’exception d’une seule, n’aient pas été acceptées », continue Me Tremblay. « Cela démontre un manque de responsabilisation quant aux lacunes relevées au cours de cette enquête. Sans volonté de reconnaître ces manquements et de s’engager à des changements significatifs, les problèmes systémiques mis en lumière dans cette enquête demeureront sans réponse, au détriment des futurs enquêteurs de la police militaire, des plaignants, des personnes mises en cause, et de l’intégrité de la police militaire dans son ensemble. À mon avis, un tel résultat ne fait qu’accentuer les éléments déjà tragiques de ce dossier. »

« Il est impératif que la GPFC mette rapidement en œuvre ces recommandations afin de s’assurer que toutes les enquêtes futures soient menées selon les normes élevées de rigueur, d’impartialité et de professionnalisme auxquels les Canadiens s’attendent et que les membres des Forces canadiennes méritent », conclut-elle.

L’ensemble des conclusions et des recommandations, ainsi que les réponses de la GPFC à chacune d’elles, se trouvent dans les deux rapports finaux distincts.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Annie Boucher
Conseillère en communications
Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire du Canada
Téléphone : 613‑863‑3702
aboucher@fusecommunications.ca
www.mpcc-cppm.gc.ca

Chronologie

Chronologie de l'enquête d'intérêt public concernant le Collège militaire royal du Canada
Date Évènement
4 février 2026 Rapports finaux pour les dossiers CPPM 2022-017, 2022-041 et 2022-043 à la suite d’une enquête d’intérêt public.
30 octobre 2025 Rapport provisoire énonçant les conclusions et les recommandations de la CPPM relativement aux plaintes transmis au min DN, au CEMD, au JAG et au GPFC.
25 janvier 2025 Le rapport d'évaluation d’enquête préparé par l’équipe chargée de l’enquête, a été soumis pour examen au membre de la Commission le 16 janvier 2025 et la Commission a commencé à rédiger le rapport provisoire le 25 janvier 2025.
10 octobre 2024 L’équipe chargée de l’enquête de la CPPM complète la dernière entrevue des témoins. L’équipe procède à la rédaction de l’Évaluation et rapport d’enquête.
4 et 15 avril 2024 Les évaluations d’enquête préparées par les enquêteurs de la CPPM sont soumises pour examen au membre de la Commission. La CPPM se prépare à la phase d’entrevues de témoins dans le cadre de l’enquête d’intérêt public.
22 février 2024 Le Grand Prévôt des Forces canadiennes termine l’enquête en première instance sur les plaintes. L’enquête d’intérêt public de la CPPM se poursuit.
21 novembre 2022 Décision de mener une enquête d'intérêt public
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